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Cloud gazer, 1992.

Joris Van der Borgth, 2017.

 

 

His love of animals, his interest in and questions about the manipulability of the environment and the world, the latter with clear reference to alchemy, prompted the young Tim to start work on a top-secret project in his mother’s garden. He dug an underground shelter between the narrow walls of the adjoining gardens. He carried the earth in suitcases to out-of-sight tips. Sometimes he also took earth with him by train to his father’s apartment in Ghent when he spent the weekends there. While most of his peers were packing books, collectors’ cards, toys or other teenage paraphernalia for a short break elsewhere, Volckaert was packing ‘earth’. His underground refuge would also separate him from everything his peers were doing. He wanted to build a strictly private observation post, a ‘Cloud Gazer’. The poeticism of a young man who feels no connection with his own kind.  

 

From the outset he was obsessed with the idea that his yellow parakeets would be the perfect counterweight to the heavy, dark, moist earth. It was Tim’s way of building the ultimate symbiosis of heaven and earth. He wanted to redraw the border of the earth’s surface, put into practice the ‘manipulability’ of the world by bringing the celestial to the terrestrial. His last-minute decision not to house the parakeets underground, was his first failure to finalize a research stage. It was man’s fear of getting embroiled in the divine.   

 

At that point, those living round about were dismayed to discover Volckaert’s building project, fearing that the garden walls, which were now exposed to well below their foundations, would collapse.

 

So the second failure of his action relates to the short-sightedness of a local public lacking understanding and tolerance. 

 

It was also an example of Tim’s confrontation with human ‘failure’. With this first action he was confronted by his own shortcomings as well as by the limitations of ‘the’ or ‘his’ public (though, strictly speaking, it was an undesired and unprepared public).   

 

Those things were to determine the hermetic character of Volckaert‘s work.

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Contemplateur de nuages, 1992.

Joris Van der Borgth, 2017.

 

À partir de son amour des animaux, à partir de son intérêt et du questionnement sur la possibilité de construire l'environnement et le monde, ceci renvoyant on ne peut plus clairement à l'alchimie, le jeune Tim commence en secret un travail singulier dans le jardin de sa mère. Il creuse un abri entièrement souterrain entre les murs étroits des jardins attenants. Il transporte la terre dans des valises pour la déverser hors de vue de quiconque. Il lui arrive aussi de prendre le train et d’emporter la terre jusqu'à l'appartement de son père à Gand, quand il y passe les week-ends. Alors que la plupart des jeunes de son âge emballent des livres, des gravures de collection, des jouets ou d'autres objets liés à l'adolescence pour passer un peu de temps ailleurs, Tim Volckaert, pour sa part, emporte de la « terre » avec lui. Sa cachette souterraine va également le mettre à distance de tout ce que font ceux de son âge. Ce qu’il veut, c’est construire un poste d'observation strictement privé, un « contemplateur de nuages ». La poésie de l’être humain qui ne se sent guère de connexions avec ses congénères.

 

Dès le début, il est obsédé par l'idée que ses perruches jaunes formeront un contrepoids idéal, enfermées dans la terre sombre, lourde et humide. Ce faisant, Tim entend construire une symbiose parfaite entre le ciel et la terre. Déplacer la limite de la surface terrestre, l’éventrer, pratiquer la « constructibilité » en rapprochant le céleste du terrestre. Le fait qu’au dernier moment il se soit refusé à enfouir les perruches dans cette existence souterraine constitue son premier échec dans la conclusion d’une phase de recherche. C'est la pusillanimité de l'homme qui l’empêche de se mêler à l'aspect divin.

 

C’est le moment où les habitants du quartier, à leur grande consternation, découvrent le projet de construction de Tim Volckaert. Ils redoutent que les murs des jardins, dont les fondations ont été attaquées en profondeur, ne s'effondrent.

 

Le deuxième échec de son action est donc lié à la myopie périphérique d'un public aussi peu réceptif que tolérant.

 

C’est là aussi que réside la confrontation de Tim avec l’« échec » de l’homme. Dans cette première action, il est confronté tant à ses propres insuffisances qu'aux limites « du » ou de « son » public (bien qu’au sens strict, nous puissions parler d'un public non désiré et impréparé).

 

Ce sont ces éléments qui détermineront le caractère hermétique de l'œuvre de Tim Volckaert.