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Train line action, 1993.

Joris Van der Borgth, 2017.

 

 

It was in this period that Volckaert’s parents acknowledged that they were no match for their son and unable to cope with a boy who just wanted to be left alone to get on with his investigations. The latter were not the sort of hobby they expected a young lad to take up and they failed to understand them. A boy of his age should be out with his mates, into technology, experimenting with drink, drugs, scooters and girls or discovering physicality in general. Building underground shelters so as to observe clouds and housing parakeets like canaries in the nineteenth-century corridors of mines, did not square with their practical outlook on life.

 

It was at this time that the artist-to-be kept company with his friend Louis, son of the artist Thierry De Cordier. Volckaert now spent the school holidays with the De Cordier family. It was artist and father Thierry who discovered that Tim’s trains of thought were deeper and more interesting than is usual in the youth. It was he who listened to and set store by Tim’s ideas.

Volckaert had a deep respect for the artist and at the same time he admired the creative freedom his son Louis enjoyed as part of a broad, artistic upbringing. The two boys saw eye to eye. Despite his wider social network, Louis also needed solitary experiments of the sort not shared by other peers. From then on the two friends roamed the countryside around Schorisse, an extraordinary laboratory in the beautiful Flemish Ardennes.   

 

It was here that Tim Volckaert first began to see their joint actions in the broad context of the arts. Despite not knowing how to give them a place in that field, at least now there was a frame of reference for their actions. Louis, who was never without his camera, and Tim, theatrical as he is, became the ideal executors of actions, movements and experiments, which can now be recorded and archived. Though at this stage neither really knew what they were doing, they at least knew they were doing something.

 

It was on these expeditions through nature, the fields, hills and woods in and around the beautiful Schorisse that they photographed their first action, though not planned as such, relating to a railway semaphore signal. Tim climbed the semaphore and took up his position in the eagle’s nest. In the resulting photographs he looks as if he is feeling a sort of liberation, for the artist is at a different height from the underground he has hitherto frequented. He looks as if he has been liberated for the first time from the depths under the earth’s surface by installing himself at a divine, observational height. The images of this action display a crude freshness, perhaps a rather clumsy authenticity. The action had not yet been poisoned by the weighty purposefulness of a deliberately executed artistic act. It was liberation. “We are doing something and that is good.”    

 

At the age of fourteen, Tim was also a Clint Eastwood fan.

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Action des voies de chemins de fer, 1993.

Joris Van der Borgth, 2017.

 

C'est à cette époque que les parents de Tim Volckaert se découvrent tout à fait dépassés par le jeune homme. Un garçon qui, en réalité, veut être seul dans ses recherches. Ils ne comprennent pas ces recherches, une sorte de bricolage sur lequel ils n’ont aucune prise. Ils ne comprennent tout simplement pas. Un garçon de son âge est censé avoir l’esprit occupé par ses camarades, la technique, les premières expériences avec l'alcool, la drogue, les cyclomoteurs et les filles, ou par la découverte du corps en général. La construction d'abris souterrains pour y observer les nuages et y placer les perruches comme des canaris, ainsi que l’on faisait dans les galeries minières au XIXème siècle, tout cela ne s’intègre pas à la vision pratique qu’ils ont de la vie.

 

C'est l’époque où le futur artiste passe de plus en plus de temps avec son ami Louis, fils de l'artiste Thierry De Cordier. Durant les vacances scolaires, Tim Volckaert séjournera désormais dans la famille De Cordier. C'est le père et artiste, Thierry qui découvrira que se cachent chez Tim des pensées plus profondes et plus intéressantes que celles de la plupart des jeunes. C'est lui qui écoutera les idées de Tim et qui les appréciera à leur juste valeur. Tim Volckaert en acquiert un profond respect pour l'artiste en même temps qu’il admire la liberté de création de son fils Louis, résultat d’une formation diversifiée et artistique. Les deux jeunes gens se retrouvent dans leurs idées réciproques. Louis aussi, malgré son approche sociale plus large, a besoin d'expériences solitaires, qui ne sont pas partagées de la même manière par d'autres camarade de son âge. Dès lors, les deux amis se promènent dans la nature autour d’Escornaix, un laboratoire singulier parmi les beautés des Ardennes flamandes.

 

C'est à ce moment aussi que Tim Volckaert commence pour la première fois à replacer les actions accomplies de concert dans le vaste cadre du monde des arts. Malgré leur inexpérience, ils disposent dorénavant d’un cadre de référence où inscrire leurs actions.

Louis, toujours armé d’un appareil photo, et Tim, avec ses allures de comédien, deviennent les exécutants idéaux d'actions, de mouvements, d'expériences, lesquels peuvent maintenant être notés et archivés. Même s’ils ne savent pas vraiment ce qu'ils font, à présent ils savent au moins qu'ils font quelque chose.

 

C'est lors de ces explorations de la nature, des champs, des collines et des forêts du beau village d’Escornaix et de ses environs qu'ils mettent en place pour la première fois une action photographique, qui n’avait pourtant pas été planifiée comme telle, autour d'un poteau de signalisation d'une ligne ferroviaire. Tim grimpe sur le sémaphore et s'installe dans le nid d’aigle. Sur les clichés, il semble d'abord ressentir une sorte de libération, l'artiste se déplaçant à une hauteur différente de celle, souterraine, où il évolué jusqu'alors. On a l’impression que pour la première fois, il se sent délivré des profondeurs de dessous la terre pour s’être placé à une hauteur de contemplation propre au divin. Les images de cette action trahissent une fraîcheur brute, une authenticité peut-être un peu malhabile. L'action n'a pas encore été empoisonnée par le parti pris chargé en émotion d'un acte artistique consciemment exécuté. C'est une libération. « Nous faisons quelque chose et c’est bien. »

 

À ce moment, Tim a quatorze ans ; c’est aussi un admirateur de Clint Eastwood.